Beaucoup pensent qu’une fois passé 70 ans, il est trop tard pour donner sans que le fisc s’en mêle. D’autres continuent de faire des virements à leurs enfants ou petits-enfants en espérant que « ça passe ». Et pourtant, une partie de la vérité est ailleurs : il existe encore des possibilités de donner sans déclaration formelle, ou sans être imposé… même après 70 ans. Mais encore faut-il connaître les bons seuils, les vrais plafonds… et ne pas confondre don et succession déguisée.
Donner après 70 ans : pas interdit… mais très encadré
Il faut être clair : le fisc ne vous empêche pas de faire un don après vos 70 ans. Ce qui change, c’est le régime fiscal applicable si vous venez à décéder. Car ce n’est pas l’âge du donataire (celui qui reçoit), mais le vôtre, au moment du don, qui détermine les règles.
Et dès 70 ans, certains avantages disparaissent — comme le fameux don familial de somme d’argent exonéré de 31 865 €. Ce dispositif est réservé aux donateurs de moins de 80 ans. Si vous avez 81 ans, il est trop tard pour en profiter, même si vous avez les moyens de faire un joli cadeau.
Les conditions précises de ce don exonéré sont expliquées ici, avec les seuils à ne pas dépasser : déclarer un don familial en ligne.
L’abattement classique de 100 000 € reste valable après 70 ans

C’est ce que beaucoup oublient. Même après 70 ans, vous avez toujours le droit de donner jusqu’à 100 000 € à chacun de vos enfants, tous les 15 ans, sans payer un centime de droits de donation.
Cet abattement est distinct du don familial de somme d’argent, et il fonctionne sur tout type de bien : argent, immobilier, actions, assurance-vie, etc.
Prenons un exemple :
-
Vous avez 75 ans
-
Vous souhaitez donner 90 000 € à votre fille
Aucune déclaration immédiate n’est exigée… mais vous devez tout de même remplir un formulaire de donation, même si le montant est en dessous du plafond. Car l’administration veut garder une trace pour le calcul des droits au moment de votre succession.
Et attention : ce don n’est pas anonyme. Il peut avoir des conséquences sur la part réservataire des autres héritiers, ou sur les droits de succession selon la date du décès. Voilà pourquoi certains Français croient avoir donné « en toute liberté », alors que le fisc recalcule tout au moment de la succession.
Et si une partie de votre patrimoine est placée en assurance-vie, le régime est encore différent. Les versements faits avant 70 ans permettent de transmettre jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, hors succession, ce qui reste l’une des méthodes préférées des familles bien organisées. Les règles sont détaillées ici : fiscalité assurance-vie succession avant 70 ans.
Peut-on faire des dons sans jamais les déclarer ?
En théorie : non. Tout don manuel (somme d’argent, virement, chèque, remise d’espèces) doit être déclaré à l’administration, même s’il est exonéré.
Mais dans la pratique, de nombreux dons passent sous les radars, surtout quand il s’agit de virements ponctuels entre parents et enfants. Le fisc ne les détecte que s’ils sont dénoncés… ou découverts dans une succession, un contrôle fiscal, ou via une alerte bancaire.
Cela dit, des dons « usuels » peuvent être faits sans formalité, à condition qu’ils soient modestes par rapport à votre patrimoine, et qu’ils soient liés à un événement particulier : anniversaire, mariage, réussite d’un examen…
Mais attention : un virement de 15 000 € à votre fils pour “l’aider à s’installer” n’est pas considéré comme un cadeau d’usage si votre revenu est moyen. Et il peut être requalifié en don taxable par l’administration en cas de décès.
D’où l’importance, au-delà du montant, de comprendre l’intention et la régularité du don.
Et les dons à des petits-enfants ou neveux ?
Après 70 ans, vous pouvez toujours utiliser les abattements classiques :
-
31 865 € par petit-enfant (hors don familial d’argent, s’il est trop tard pour l’utiliser)
-
7 967 € par neveu ou nièce
Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans, quel que soit votre âge. Mais attention : ils ne se cumulent pas si vous avez déjà utilisé une partie pour un autre enfant ou petit-enfant, à moins de faire un don différent ou d’attendre le renouvellement du délai.
Et si vous combinez donation + donation + succession mal préparée, le fisc recalcule tout. C’est souvent là que les Français tombent des nues, quand ils découvrent qu’un don fait dix ans plus tôt vient encore impacter les droits à payer aujourd’hui.
C’est pour ça que les familles qui veulent transmettre efficacement prévoient à l’avance, en utilisant tous les leviers disponibles, notamment l’assurance-vie, les abattements, et les montages progressifs.
Articles similaires
- Quelle somme d’argent peut-on donner sans déclarer aux impôts ?
- Dons familiaux de sommes d’argent après 80 ans : que permet la loi ?
- Combien peut-on donner à ses enfants sans payer d’impôts ? Les seuils à connaître absolument
- Couple et argent : en cas de divorce, ma femme a-t-elle des droits sur l’héritage de mes parents ?
- Frais de succession : combien devez-vous payer après le décès de l’usufruitier ?

Camille Bernard est dans l’immobilier avec une forte expérience dans la gestion de patrimoine et l’investissement locatif. Sur FAIRE, elle partage ses connaissances sur les tendances immobilières, les copropriétés et les projets de rénovation, tout en fournissant des conseils pratiques pour optimiser vos investissements.






