Murs fissurés, portes qui frottent, terrasses qui se détachent du bâti : le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux fragilise discrètement des millions de pavillons en France. Les experts parlent désormais de RGA et d’un risque élargi, avec 12,1 millions de logements situés en zone d’exposition moyenne ou forte à compter du 1er juillet. Face à cette menace, l’État a mis en place un fonds expérimental de prévention pour aider les propriétaires occupants à anticiper et financer diagnostics et travaux préventifs. Cet article vous explique les nouveautés, les conditions d’éligibilité et les démarches pratiques pour solliciter l’aide.
Quelles propriétés peuvent prétendre au dispositif ?
Le fonds vise principalement les maisons individuelles destinées à l’habitation et limitées à deux logements maximum. Le dernier arrêté élargit la définition du bâti admissible en autorisant désormais des logements comportant jusqu’à trois niveaux, les combles aménagés et les sous-sols habitables étant chacun comptés comme un niveau.
Les bâtiments présentant des dégradations majeures restent exclus du dispositif, de même que les habitations dont une demande d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles est encore en cours d’instruction. L’expérimentation reste circonscrite à onze départements pilotes, parmi lesquels Allier, Dordogne, Nord et Meurthe-et-Moselle.
Que couvre précisément l’aide ?
Le financement se déroule en deux étapes distinctes qui permettent d’identifier d’abord les vulnérabilités puis de mettre en œuvre les mesures préconisées.
Quel contenu pour le diagnostic de vulnérabilité ?
Le diagnostic doit être réalisé par un professionnel compétent en construction, génie civil ou géotechnique. Il inclut obligatoirement l’inspection des réseaux d’eau enterrés et vise à repérer les points faibles du bâti. Le rapport peut aboutir à des recommandations priorisées de travaux pour limiter l’exposition au RGA.
Quelles interventions sont finançables en phase travaux ?
La phase travaux permet d’aider la maîtrise d’œuvre et la réalisation d’ouvrages destinés à réduire le risque : gestion des eaux pluviales, drainage, dispositifs d’infiltration éloignés des fondations et protections racinaires. Des solutions comme la suppression de systèmes racinaires trop proches ou la création d’un trottoir périphérique imperméable peuvent également être prises en charge.
Quelles prestations annexes et quelles exclusions ?
Un accompagnement administratif facultatif peut être financé selon des plafonds séparés. En revanche, toute maison présentant des dommages compromettant la solidité ou l’usage normal du logement est exclue des aides travaux préventifs.
Quels plafonds et quel niveau d’aide attendre ?
Le texte fixe des limites précises par poste de dépense. Le diagnostic de vulnérabilité reste plafonné à 2 000 euros HT, la maîtrise d’œuvre à 1 800 euros HT et les travaux à 14 000 euros HT. Un plafond additionnel couvre l’accompagnement administratif.
- Accompagnement administratif en phase études plafonné à 1 000 euros
- Accompagnement administratif en phase travaux plafonné à 200 euros
Au total, le montant maximum éligible demeure inchangé à 19 000 euros HT, mais la répartition évolue pour intégrer ce nouvel accompagnement. Le plafond de la maîtrise d’œuvre a été réduit de 200 euros et celui des travaux de 1 000 euros par rapport à l’arrêté antérieur.
Quels taux de subvention selon les revenus ?
Le taux d’aide varie en fonction des ressources des ménages, aligné sur les critères de l’Agence nationale de l’habitat. Les pourcentages diffèrent entre l’ingénierie et la réalisation des travaux.
- Ménages très modestes : 90% pour l’ingénierie et 80% pour les travaux
- Ménages modestes : 85% pour l’ingénierie et 70% pour les travaux
- Ménages intermédiaires : 70% pour l’ingénierie et 50% pour les travaux
Ces taux s’appliquent sous réserve du respect des plafonds de ressources en vigueur. Les montants indiqués sont hors taxes et conditionnés à l’éligibilité technique du bâti.
Comment soumettre une demande et quelles sont les dates clés ?
Les dossiers doivent être déposés en ligne via la plateforme Démarches Numériques après avoir effectué le test d’éligibilité disponible sur le site fonds-prevention-argile.beta.gouv.fr. L’arrêté publié au Journal officiel le 30 avril 2026 précise les modalités pratiques et les critères détaillés.
La période d’instruction des demandes s’étend jusqu’au 31 décembre 2028. Une évaluation du dispositif est prévue six mois avant cette date pour envisager une généralisation éventuelle au-delà des départements pilotes.
Articles similaires
- Bonne nouvelle : une aide pour se raccorder à la fibre dès septembre
- Passoires thermiques interdites à la location : ce dispositif méconnu et gratuit pour doper votre DPE
- Comment choisir un architecte d’intérieur plutôt qu’un décorateur : quels avantages ?
- La rénovation énergétique n’est pas qu’une dépense contrainte : c’est un levier stratégique de valorisation patrimoniale
- « Plus de 7 fois le prix recommandé… » : Une vieille dame victime d’une fraude à la rénovation énergétique, le démarcheur condamné

Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.






