Se lancer comme auto-entrepreneur, c’est aussi faire face à une réalité fiscale parfois méconnue : comment sont imposés les revenus la première année ? Beaucoup pensent qu’aucune cotisation ou imposition ne s’applique lors de la création, mais la fiscalité d’une micro-entreprise commence bien dès le premier euro encaissé. Il est donc essentiel de comprendre le fonctionnement du régime fiscal dès le départ, pour éviter les mauvaises surprises lors de la première déclaration.
Quel régime fiscal choisir à la création de l’auto-entreprise ?
Lors de la déclaration d’activité, l’auto-entrepreneur peut opter pour le régime micro-fiscal classique ou pour le prélèvement libératoire. Ce dernier permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations sociales, à un taux fixe selon l’activité exercée.
Si cette option n’est pas choisie ou si vous n’êtes pas éligible (en raison d’un revenu fiscal de référence trop élevé), vous serez imposé l’année suivante via votre déclaration de revenus classique. Il faudra alors mentionner vos recettes dans la catégorie correspondante : BIC ou BNC.
Revenus imposables : comment sont-ils déterminés ?
Les revenus de la micro-entreprise sont soumis à un abattement forfaitaire, selon la nature de l’activité :
- 71 % pour les ventes de marchandises,
- 50 % pour les prestations de services commerciales,
- 34 % pour les professions libérales.
Seule la partie restante après cet abattement est soumise à l’impôt sur le revenu. Ce mode de calcul simplifié permet d’éviter la tenue d’une comptabilité détaillée, mais il reste important de bien conserver ses justificatifs en cas de contrôle.
À quel moment déclarer ses revenus d’auto-entrepreneur ?
Pour la première année d’activité, les revenus encaissés seront à déclarer l’année suivante, au printemps. Même si vous avez créé votre activité en fin d’année, vous devrez déclarer les recettes perçues entre la date de début et le 31 décembre.
Et si vous optez pour le prélèvement libératoire ?
Dans ce cas, vous n’aurez plus à déclarer vos revenus dans la partie « micro-entreprise » de la déclaration de revenus classique, sauf pour l’URSSAF. Attention toutefois : ce choix doit être fait au moment de la création ou au plus tard avant le 30 septembre pour une prise d’effet l’année suivante.
Info pratique :
Vous lancez votre micro-entreprise en juillet 2025 ? Vous devrez déclarer vos revenus perçus entre juillet et décembre 2025 dans votre déclaration de mai 2026. Mais si vous avez choisi le prélèvement libératoire, vos impôts sont déjà payés tous les mois ou trimestres.
Exemple concret d’imposition en première année
Julien ouvre sa micro-entreprise en février 2025 pour vendre des accessoires électroniques. Il réalise 20 000 € de chiffre d’affaires sur l’année. Son abattement fiscal est de 71 %, soit 14 200 €.
Il ne sera imposé que sur 5 800 € au barème de l’impôt sur le revenu, selon sa situation familiale. À cela s’ajoutent les cotisations sociales calculées indépendamment (ici, 12,3 % du chiffre d’affaires).
Les erreurs à éviter pour ne pas avoir de mauvaise surprise fiscale
Beaucoup d’auto-entrepreneurs oublient que l’abattement fiscal ne s’applique pas aux cotisations sociales. Il est donc important de distinguer impôts et charges sociales.
Autre erreur fréquente : penser qu’aucune imposition n’est due si l’on ne réalise pas de bénéfices. Or, en micro-entreprise, le chiffre d’affaires seul détermine les montants à payer.
Auto-entreprise : quels seuils fiscaux surveiller ?
Pour conserver le régime micro-fiscal, le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser :
- 188 700 € pour les ventes de biens,
- 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales.
En cas de dépassement, vous passez au régime réel d’imposition. Il est donc essentiel de suivre son chiffre d’affaires mensuel et d’anticiper les seuils afin de rester dans les limites autorisées.
Rappelons aussi que certains avantages fiscaux liés à votre statut personnel peuvent influencer l’imposition de votre activité.
Quand faut-il commencer à épargner pour les impôts ?
Dès le premier mois d’activité, vous devez mettre de côté un pourcentage de votre chiffre d’affaires pour anticiper le paiement des cotisations et des impôts. Un bon réflexe : épargner environ 25 % de votre chiffre d’affaires, surtout si vous n’avez pas opté pour le prélèvement libératoire.
Cette gestion prudente vous évitera un choc au moment du premier appel à paiement. C’est également une bonne habitude pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent gérer efficacement leur fiscalité personnelle.
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Camille Bernard est dans l’immobilier avec une forte expérience dans la gestion de patrimoine et l’investissement locatif. Sur FAIRE, elle partage ses connaissances sur les tendances immobilières, les copropriétés et les projets de rénovation, tout en fournissant des conseils pratiques pour optimiser vos investissements.






