Le coût d’une maison de retraite ou d’un EHPAD peut rapidement dépasser les ressources d’une personne âgée. Lorsque les parents ne peuvent plus assumer ces frais, la question se pose : qui doit payer ? Entre l’obligation alimentaire, les aides publiques et la solidarité familiale, les règles sont précises… mais parfois mal connues.
Le principe de l’obligation alimentaire
En France, le Code civil impose une obligation alimentaire aux enfants envers leurs parents. Concrètement, si un parent n’a pas les moyens de payer sa maison de retraite, ses enfants peuvent être sollicités pour contribuer aux frais.
Cette obligation s’étend aussi aux gendres et belles-filles, tant que le mariage avec l’enfant est en cours. Elle cesse en cas de divorce, sauf exceptions liées à la présence d’enfants communs.
Comment se calcule la contribution des enfants ?
Le montant demandé dépend des revenus de chaque enfant et de ses charges. Un juge peut être saisi en cas de désaccord, afin de fixer une contribution proportionnelle à la situation financière de chacun.
Si un enfant a des revenus modestes, sa participation pourra être réduite, voire annulée. À l’inverse, un revenu confortable peut entraîner une contribution plus importante.
Le rôle de l’aide sociale à l’hébergement (ASH)
Si la famille ne peut pas couvrir la totalité des frais, la collectivité publique peut intervenir via l’Aide sociale à l’hébergement. Cette aide est attribuée par le conseil départemental et couvre tout ou partie des frais restants après déduction des ressources personnelles et de la contribution familiale.
L’ASH est récupérable sur succession, ce qui signifie que le département pourra réclamer le remboursement sur le patrimoine laissé par le parent décédé.
Jean, 85 ans, paie 2 200 € par mois pour son EHPAD mais n’a que 1 300 € de retraite. Ses deux enfants participent à hauteur de 300 € chacun, et le département verse une ASH de 300 €. Au décès de Jean, une partie de cette aide sera récupérée sur sa succession.

Que se passe-t-il si les enfants refusent de payer ?
En cas de refus injustifié, l’EHPAD ou le département peut engager une action en justice pour contraindre les enfants à contribuer. Le juge examinera la situation financière et pourra imposer une somme à verser chaque mois.
Des circonstances particulières (violences, abandon familial) peuvent cependant exonérer un enfant de cette obligation, sur décision judiciaire.
Les autres solutions de financement
Outre l’ASH, il est possible de recourir à :
- La vente ou la location d’un bien immobilier appartenant au parent,
- La mobilisation d’une assurance vie ou d’une épargne existante,
- Des aides spécifiques de certaines caisses de retraite.
Certains dons familiaux peuvent aussi être faits en amont pour réorganiser les finances et éviter des difficultés trop importantes.
Anticiper pour éviter les conflits familiaux
Parler tôt des questions financières liées à la dépendance permet de limiter les tensions au moment venu. Préparer un plan de financement et connaître les droits aux aides publiques est essentiel.
Enfin, une bonne communication avec l’EHPAD et le département permet souvent de trouver un accord amiable, sans passer par la justice.
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Benjamin Lambert est spécialisé dans l’analyse des marchés financiers et la gestion d’actifs. Avec plus de 12 ans d’expérience, il apporte des analyses claires sur les tendances boursières, les investissements durables et les stratégies fiscales. Sur FAIRE, Pierre décrypte l’actualité économique pour mieux vous guider dans vos choix financiers.






