Après l’ouverture d’une succession, il arrive souvent que les biens restent détenus collectivement par plusieurs héritiers, situation connue sous le nom d’indivision. Vous trouverez ici des explications pratiques sur le fonctionnement de cette indivision, les droits des héritiers, les possibilités de vente et les nouveautés introduites par la loi du 7 avril 2026 pour faciliter le partage judiciaire et la gestion des biens abandonnés.
Quels biens peuvent être soumis à l’indivision?
L’indivision couvre aussi bien des biens immobiliers que des éléments mobiliers. Une maison, un appartement ou un terrain peuvent figurer dans l’indivision, de même que des comptes bancaires, des véhicules ou des bijoux.
- Biens immobiliers partagés entre plusieurs héritiers.
- Meubles, comptes et titres financiers détenus collectivement.
- Biens de faible valeur vendus pour couvrir les charges communes.
Qui prend les décisions au sein d’une indivision?
Les actes se répartissent selon leur nature et nécessitent des majorités différentes. Les travaux urgents et les réparations d’entretien relèvent souvent d’un acte dit conservatoire et peuvent être réalisés par un seul indivisaire.
Les opérations courantes d’administration exigent une majorité renforcée, souvent les deux tiers des droits indivis. En revanche, les actes de disposition majeurs, comme la vente définitive d’un bien immobilier, restent généralement soumis à l’unanimité, sauf exceptions prévues par la loi récente.
Comment un indivisaire peut-il vendre seul un bien en urgence?
Quelles conditions doivent être établies?
Il faut démontrer une situation d’urgence et que l’opération sert l’intérêt commun des héritiers. Le manque d’accord prolongé et le risque de dégradation du patrimoine comptent parmi les éléments examinés par le juge.
Quelle procédure engager devant le juge?
L’indivisaire saisit le tribunal pour obtenir une autorisation de vente. Le magistrat apprécie l’urgence et l’utilité collective avant de rendre une décision qui peut permettre la cession sans l’accord de tous.
Quels effets cette vente produit-elle pour les autres héritiers?
Le produit de la vente revient ensuite à répartir selon les droits de chacun au sein de l’indivision. Les héritiers peuvent contester la décision, mais la jurisprudence et la nouvelle loi visent à limiter le blocage prolongé des biens.
Quelles règles spécifiques existent pour la Corse?
La Corse dispose d’un régime adapté à des situations foncières anciennes. Lorsqu’un indivisaire détient au moins deux tiers des droits, il peut, devant notaire, proposer la vente ou le partage d’un bien situé sur l’île.
Le notaire doit informer les autres indivisaires et rendre public le projet, qui peut être contesté dans un délai de trois mois. En cas d’opposition, le tribunal judiciaire peut autoriser la mesure à condition de respecter les droits des opposants et d’éviter une atteinte excessive.
Dans quels cas saisir le juge pour un partage judiciaire?
Le partage judiciaire met fin à l’indivision lorsque l’accord amiable reste impossible. La loi du 7 avril 2026 a élargi son champ d’application pour répondre à des situations plus complexes.
Désormais, le tribunal peut intervenir même en l’absence d’indivision formelle entre les parties, si la complexité des opérations le justifie ou si la question apparaît en cours de procédure. Le recours permet aussi de régler des intérêts patrimoniaux liés à une séparation ou à la fin d’un PACS.
Comment les communes peuvent-elles récupérer des biens abandonnés?
Les collectivités locales voient leur capacité d’action renforcée pour lutter contre l’abandon immobilier. Lorsque la succession est ouverte depuis plus de 30 ans et qu’aucun héritier ne s’est manifesté, l’administration fiscale peut transmettre des informations aux communes ou aux EPCI.
La demande part du maire ou du président de l’EPCI et n’est possible qu’en présence d’un doute légitime sur l’identité du propriétaire ou sur son décès. L’objectif visé consiste à permettre la remise en valeur de parcelles sans maître apparent et à réduire les friches urbaines et rurales.
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Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.






