Changer de domicile soulève toujours une question sensible : faut-il solder son crédit immobilier pour acheter ailleurs, ou peut-on conserver son prêt ? La réponse dépend du contrat, des garanties déposées et de la politique de la banque. Voici ce qu’il faut savoir pour anticiper les coûts et éviter les mauvaises surprises.
Vendre sa maison et le crédit : quelles obligations légales ?
En principe, la cession d’un bien grevé d’un prêt n’efface pas la dette automatiquement. Le prêteur peut exiger le remboursement intégral du capital restant dû au moment de la vente.
- Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : plafonnées par la loi, elles correspondent au montant le plus bas entre 3 % du capital restant et six mois d’intérêts.
- Garanties : une hypothèque ou une caution impose souvent la mainlevée avant la vente définitive.
- Frais notariaux : la mainlevée de garantie génère des frais supplémentaires à prévoir.
Rembourser partiellement lors de la vente : est-ce envisageable ?
Certaines banques acceptent un remboursement partiel à la signature de l’acte. Cette option se montre utile quand le prix de vente couvre une partie importante du capital restant.
- Réduction des mensualités : le montant dû est recalculé.
- Raccourcissement de la durée : on conserve le même taux sur une période plus courte.
- Négociation possible : tout dépend de la marge commerciale et du dossier emprunteur.
Portabilité du prêt : conserver un taux avantageux
La portabilité permet de transférer le financement d’un logement à un autre sans souscrire un nouveau prêt. Elle préserve le taux d’intérêt et souvent l’assurance emprunteur.
Avantages :
- Pas d’IRA à payer.
- Pas ou peu de nouveaux frais de dossier.
- Confort financier si l’ancien taux est inférieur aux taux du marché.
Quelles conditions pour que la banque accepte le transfert ?
La portabilité n’est pas automatique. Elle repose sur des conditions contractuelles et bancaires strictes.
- Clause de transférabilité inscrite dans le contrat initial.
- Usage identique du bien vendu et du bien acheté (résidence principale, secondaire, investissement).
- Prix d’achat cohérent avec le capital restant dû.
- Achat réalisé dans un délai raisonnable après la vente, fixé par la banque.
- Validation du dossier par le service crédit de l’établissement.
Si la transférabilité est refusée : quelles alternatives ?
Plusieurs solutions existent lorsque la banque refuse de transférer le prêt.
- Prêt relais : finance temporairement l’achat en attendant la vente. Risque si la vente tarde.
- Nouveau crédit : offre une solution immédiate mais peut coûter plus cher si les taux sont supérieurs.
- Rachat de crédit : permet de regrouper ou remplacer un prêt existant, parfois plus avantageux selon les conditions tarifaires.
- Renégociation de l’assurance emprunteur pour réduire le coût global.
Questions fréquentes : risques, pénalités et exonérations
Que se passe-t-il si le prix de vente est inférieur au capital restant ?
Si le produit de la vente ne suffit pas à solder le prêt, le solde reste exigible. L’emprunteur doit alors combler la différence par ses propres fonds.
La banque peut refuser la mainlevée de la garantie si elle juge le remboursement insuffisant.
Peut-on négocier les indemnités de remboursement anticipé ?
Oui, mais la marge dépend de la politique commerciale de la banque et du contrat. Demandez la suppression ou la réduction dès la signature initiale. À la revente, la négociation reste possible si vous acceptez un nouveau crédit chez le même prêteur.
Comment sont calculées les IRA et existe-t-il des exonérations ?
Le calcul se base sur le capital restant dû et le taux contractuel. Certaines opérations sont exemptées :
- Vente liée à une mutation professionnelle.
- Cas de décès ou perte d’emploi selon le type de prêt.
- Prêts conventionnés sous conditions.
Vérifiez le contrat pour identifier d’éventuelles clauses d’exonération.
Vendre avec une agence ou entre particuliers : pensez à comparer
Choisir entre une agence et une vente entre particuliers influence le calendrier et les frais. Comparez les commissions, les délais de transaction et l’accompagnement juridique. Une bonne stratégie de vente peut faciliter la gestion du crédit.
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Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.






