Des mois en arrêt maladie, puis un retour au travail. Mais au moment de poser vos congés, la mauvaise surprise : certains employeurs refusent de les accorder au prétexte qu’ils n’ont pas été « acquis ». Si cela vous semble injuste, c’est normal. Et pour cause : une récente décision a tout changé. Oui, même un arrêt rétroactif peut donner droit à des congés. À condition de connaître les textes, les délais, et les recours à enclencher à temps.
Arrêt maladie et droit à congés : ce que la loi dit désormais
Une nouvelle jurisprudence en faveur des salariés
Depuis 2023, la jurisprudence a évolué en faveur des travailleurs. Le Code du travail reste flou sur ce point, mais la Cour de cassation a reconnu que les congés payés s’acquièrent même pendant un arrêt maladie non professionnel. Mieux encore, cette logique s’applique rétroactivement. Ce qui change la donne pour des milliers de salariés victimes d’un refus catégorique de leur employeur.
La conséquence est simple : si vous avez été en arrêt maladie pendant une période où vous auriez dû acquérir des jours de congé, vous pouvez les réclamer. Même si l’arrêt date de plusieurs mois, voire années. Attention cependant : il faut agir dans un délai de 3 ans.
Maladie rétroactive : comment prouver et calculer vos droits ?
Un arrêt rétroactif signifie que le médecin vous a prescrit un arrêt « à posteriori », en validant une incapacité de travail pour une période déjà écoulée. Cela arrive fréquemment en cas d’hospitalisation ou de diagnostic tardif. Si cet arrêt est reconnu par la sécurité sociale, alors il produit les mêmes effets qu’un arrêt classique.
Dans ce cas, vos droits à congés sont calculés sur la base de l’absence justifiée. En clair, un salarié à temps plein aura acquis 2,5 jours ouvrables par mois, même sans avoir travaillé. Il peut donc demander la régularisation de son solde, en joignant ses justificatifs médicaux et les attestations de la CPAM. Une demande écrite à la direction RH est souvent le premier réflexe à avoir.
Employeur réticent ? Voici ce que vous pouvez faire
Certains employeurs ignorent encore ces évolutions ou feignent de ne pas les appliquer. Dans ce cas, n’entrez pas dans le conflit frontal. Demandez une réponse écrite, puis adressez une mise en demeure si nécessaire. Vous pouvez aussi saisir le conseil des prud’hommes, qui tranche régulièrement en faveur des salariés depuis les récentes décisions de la Cour européenne et de la Cour de cassation.
Vous n’avez pas besoin d’avocat au début de la procédure. Une simple lettre argumentée, avec les textes en appui, suffit dans la plupart des cas. Les syndicats ou les défenseurs syndicaux peuvent aussi vous aider. En cas de litige financier ou de congés refusés, vous pouvez évoquer un préjudice subi et réclamer une indemnisation ou une régularisation rétroactive.
Cas particuliers à connaître
Les agents du secteur public, les intérimaires ou les salariés en contrat court bénéficient aussi de ce droit dans certaines conditions. La règle de base : dès lors que le contrat de travail n’est pas suspendu fautivement, les droits à congé continuent de s’accumuler. En revanche, les arrêts liés à des fautes lourdes ou à des absences injustifiées ne donnent pas lieu à acquisition de jours.
- Si votre arrêt a duré plus d’un an, vérifiez bien le maintien du contrat avec votre employeur.
- Si vous avez repris sans signaler l’arrêt rétroactif, il n’est pas trop tard pour agir : le délai de prescription est de 3 ans.
- Si vous êtes en litige avec votre employeur, le service de médiation de l’inspection du travail peut intervenir avant toute procédure judiciaire.
Scénario réel – « J’ai récupéré 18 jours de congé après un an d’arrêt »
Claire, 42 ans, auxiliaire de vie : « Après mon hospitalisation pour une hernie discale, mon médecin a rédigé un arrêt rétroactif de 5 semaines. L’employeur m’avait dit que je ne pouvais rien réclamer. Mais une collègue m’a parlé d’une décision récente. J’ai tout envoyé par recommandé, avec l’arrêt et mes bulletins. Résultat : régularisation de 18 jours. Sans ça, je les aurais perdus. »
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Camille Bernard est dans l’immobilier avec une forte expérience dans la gestion de patrimoine et l’investissement locatif. Sur FAIRE, elle partage ses connaissances sur les tendances immobilières, les copropriétés et les projets de rénovation, tout en fournissant des conseils pratiques pour optimiser vos investissements.






