En 2024, la location meublée non professionnelle (LMNP) a continué de susciter de l’attention autour des obligations administratives et fiscales, notamment l’immatriculation au répertoire Sirene. Les chiffres publiés par l’Observatoire de la location meublée, élaborés avec le cabinet Amarris Immo, mettent en lumière un décalage entre le nombre de déclarants et le nombre de numéros Siren attribués. Cette tension interroge à la fois les propriétaires et les acteurs publics sur la qualité des bases de données et les pratiques réelles de déclaration. L’analyse des écarts mobilise les données de la DGFiP et de Sirene pour évaluer l’ampleur du phénomène.
Pourquoi un décalage existe entre déclarations et immatriculations ?
Les sources utilisées livrent deux totaux distincts qui semblent contradictoires à première vue. D’un côté, 1 373 365 contribuables ont déclaré des revenus en LMNP en 2024, selon la DGFiP. De l’autre, le répertoire Sirene recensait 887 885 loueurs immatriculés au 31 décembre 2024, ce qui représente une différence notable.
Comment les données ont-elles été croisées pour construire le baromètre ?
Le baromètre annexé au rapport de l’Observatoire repose sur un croisement entre les déclarations fiscales et le répertoire Sirene. Le cabinet Amarris Immo a réalisé l’extraction à partir des fichiers de la DGFiP et de Sirene consulté au 15 septembre 2026. Les auteurs ont procédé à un calcul par différence pour estimer le nombre de déclarants sans immatriculation apparente. Cette méthode simple permet de dégager une tendance mais elle comporte des limites méthodologiques qu’il faut garder en tête.

Quels facteurs peuvent biaiser le calcul ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi le nombre résultant surestime les non-immatriculations réelles. Les différences de représentations juridiques, les multiples formes de déclaration et la date de consultation de Sirene influencent le total final. Comprendre ces éléments aide à interpréter correctement le chiffre « manquant ».

- double comptage possible dans les données fiscales ;
- structure sociétaire des propriétaires qui complexifie l’attribution de Siren ;
- absence dans Sirene des activités cessées avant la date d’extraction.
Le double comptage des déclarants micro BIC ?
Un loueur inscrit au régime micro-BIC peut apparaître plusieurs fois dans les déclarations fiscales selon les types d’activité exercés. Par exemple, une même personne qui gère un meublé d’habitation et un meublé de tourisme classé peut générer deux lignes fiscales. Le calcul par différence ne neutralise pas toujours ces doublons. Cela conduit mécaniquement à gonfler le nombre de déclarants supposés non immatriculés.
Les biens détenus via des sociétés compliquent la lecture des fichiers ?
Lorsque l’immeuble appartient à une société, la fiscalité passe parfois par la déclaration personnelle des associés. Chaque associé déclare sa part de résultat sans que la société elle-même dispose d’un Siren individuel visible pour cette activité. Dans ces cas, le calcul comptabilise des associés comme s’ils devaient chacun correspondre à un Siren. Le résultat amplifie l’impression d’un manque d’immatriculations.
Les données Sirene sont-elles à jour ?
Le répertoire Sirene consulté en septembre 2026 ne rétrocède pas toutes les activités passées. Un loueur ayant cessé son activité entre 2024 et la date d’extraction peut n’apparaître plus dans Sirene. Ce mécanisme explique une part de l’écart puisqu’il retire des immatriculations en fin d’analyse. Il convient donc d’interpréter le chiffre de manière prudente.
L’écart observé a-t-il augmenté ou plutôt plafonné ?
La série historique montre une progression continue du nombre estimé de micro-BIC non immatriculés jusqu’en 2022. Depuis cette date, l’indicateur reste proche d’un plateau avec environ 482 000 en 2022 et 485 000 en 2024. La part relative de ces loueurs a pourtant diminué de façon significative sur la période de dix ans.
La baisse de la part s’explique surtout par l’augmentation du nombre total de déclarants et non par une vague de régularisations. En valeur relative, la proportion est passée d’environ 69% à 54% sur la décennie. Le constat montre une stabilisation plus qu’un redressement massif.
Qu’indiquent les chiffres 2024 pour les nouveaux loueurs ?
Les mouvements observés sur l’année laissent entendre que les nouveaux entrants tendent à s’immatriculer plus systématiquement. En 2024, le nombre de déclarants a augmenté de 106 656, tandis que le nombre d’immatriculations s’élevait à 104 040. Ces flux proches donnent à penser que la conformité administrative des nouveaux loueurs s’améliore.
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Benjamin Lambert est spécialisé dans l’analyse des marchés financiers et la gestion d’actifs. Avec plus de 12 ans d’expérience, il apporte des analyses claires sur les tendances boursières, les investissements durables et les stratégies fiscales. Sur FAIRE, Pierre décrypte l’actualité économique pour mieux vous guider dans vos choix financiers.






