Un avantage historique sous haute surveillance
L’abattement fiscal de 10% dont profite les retraités français depuis 1978 se retrouve aujourd’hui dans le viseur du gouvernement. Face à l’objectif ambitieux de réaliser 40 milliards d’euros d’économies d’ici 2026, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, n’exclut pas sa remise en cause. Cette déduction automatique, plafonnée à 4,399 euros par an, représente un coût significatif de 4,494 milliards d’euros pour l’État en 2023.
Les fondements d’un dispositif controversé
Contrairement à l’abattement de 10% accordé aux salariés pour leurs frais professionnels, celui des retraités visa initialement à compenser la baisse de revenus lors du passage à la retraite et les dépenses de santé accumulées.
Un argument historique supplémentaire évoqué par l’Unsa Retraités : la « récompense » d’une impossibilité de fraudeur sur les revenus déclarés directement par les caisses de retraite.
Un enjeu budgétaire majeur
La suppression de cet abattement représentait une économie substantielle de près de 5 milliards d’euros pour l’État. Cette mesure constitue actuellement la deuxième niche fiscale la plus importante pour les particuliers, juste derrière le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile.
Le patronat, par la voix de Patrick Martin du Medef, qualifie ce dispositif d' »aberrant », tandis que les syndicats défendent son maintien.
Impact sur la différenciation sociale
L’OFCE souligne que cette suppression épargnerait les retraités les plus modestes, généralement non imposables.
En revanche, elle affecterait significativement les 15% des retraités les plus aisés, avec une perte de pouvoir d’achat estimée entre 780 et 860 euros par an. Certains retraités jusqu’à des niveaux non imposables pourraient basculer dans l’imposition.
Effets collatéraux à prévoir
La suppression de l’abattement aurait des répercussions au-delà de la simple augmentation d’impôt.
L’UFC-Que Choisir alerte sur les conséquences indirectes : la hausse du revenu fiscal de référence pourrait entraîner la perte de certains avantages fiscaux (crédit d’impôt logement, CSG réduit) et d’aides sociales (MaPrimeAdapt’, Chèque énergie).
Conclusion
La remise en question de cet abattement fiscal cristallise les tensions entre nécessité budgétaire et protection sociale. Si sa suppression permet des économies significatives sans impacter les plus modestes, elle soulève des inquiétudes légitimes quant à ses effets en cascade sur le pouvoir d’achat des retraités et leur accès aux dispositifs d’aide sociale.
Le débat reste ouvert alors que le gouvernement poursuit sa recherche d’économies.
Source : BFMTV
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Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.