Verser de l’argent sur le Livret A de sa compagne ou de son compagnon paraît souvent anodin — et généreux. Pourtant, cette pratique peut se compliquer au moment d’une succession : ce qui semblait acquis risque d’être remis en question par d’autres héritiers.
Ce que dit la propriété des sommes
Par principe, les dépôts effectués sur un livret bancaire sont la propriété de la personne qui en est titulaire. Concrètement, l’argent placé sur un Livret A au nom de votre partenaire appartient donc juridiquement à ce dernier.
Cependant, la réalité judiciaire nuance cette simplicité : si aucun écrit n’atteste la nature du transfert, des héritiers peuvent contester et demander que les versements soient requalifiés en donation manuelle. Selon l’issue, cela peut réduire la part réservée à votre conjoint ou générer des demandes de restitution.
Options pour sécuriser un transfert
Il existe des moyens simples pour limiter les risques de litige : conserver une preuve claire du don, formaliser la remise par écrit, voire faire enregistrer l’acte auprès d’un notaire. Ces démarches ne garantissent pas tout, mais elles renforcent nettement la force probante du geste.
- Preuves écrites : reçu, virement bancaire annoté, lettre signée précisant l’objet du transfert.
- Formalisation : acte sous seing privé ou acte notarié pour matérialiser la donation.
- Déclaration : en cas de sommes importantes, en parler avec un notaire pour respecter les règles fiscales et successorales.
- Petits cadeaux : pour des montants modestes offerts lors d’événements (Noël, anniversaires), la qualification de présents d’usage peut protéger contre la contestation, à condition que la valeur reste raisonnable par rapport au patrimoine.
Livret A individuel vs compte joint : quelles conséquences ?
Le choix du support bancaire influence directement la suite en cas de décès.
| Type de compte | Propriété | Conséquence après décès |
|---|---|---|
| Livret A individuel | Appartient au titulaire | Intégré à la succession ; les transferts récents peuvent être contestés |
| Compte joint | Revenu ou capital partagé | À la disparition d’un des titulaires, la moitié peut être considérée comme succession |
Autrement dit, un compte joint simplifie la gestion quotidienne mais entraîne des effets successoraux différents et parfois contraires aux intentions des conjoints.
La décision entre garder des livrets séparés ou mutualiser dépend donc d’objectifs patrimoniaux, de la présence d’enfants d’une précédente union, et du niveau de confiance entre partenaires.
Pourquoi agir dès maintenant ?
Avec l’allongement de la durée de vie, la multiplication des familles recomposées et la hausse durable de la valeur des patrimoines, les risques de conflit autour des successions augmentent. Un transfert non documenté, même motivé par de bonnes intentions, peut déclencher des procédures longues et coûteuses.
Conséquence pratique : prendre quelques minutes pour rédiger, dater et conserver des preuves de vos versements, ou consulter un notaire, peut éviter des années de désaccords et protéger durablement le partenaire qui a reçu les fonds.
Pour toute situation concrète, la meilleure précaution reste une consultation personnalisée avec un professionnel du droit ou un notaire, qui saura proposer la solution la plus adaptée à votre configuration familiale et patrimoniale.
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Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.






