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Quelles sont les nouvelles règles de la retraite anticipée pour carrière longue ?

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Des nouvelles règles de la retraite anticipée pour carrière longue (enfin) précisées

Le décret publié au Journal Officiel du 8 mai 2026 réajuste les règles de la retraite anticipée pour carrière longue et suscite de nouvelles questions pour les actifs partis tôt au travail. La mesure intéresse une part importante des départs à la retraite et s’inscrit dans le contexte de la LFSS 2026 qui a suspendu certaines dispositions de la réforme de 2023. Vous trouverez ici une présentation claire des changements, des cohortes impactées, et des éléments concrets à vérifier avant de faire votre demande de liquidation.

Quelles sont les principales modifications introduites par le décret ?

Le texte précise les âges d’ouverture des droits et les ajustements introduits par la suspension partielle de la réforme des retraites. La LFSS 2026 a modifié le calendrier du report de l’âge légal et celui de la durée d’assurance, ce qui entraîne des effets directs sur la RACL. Le décret fixe les règles applicables aux assurés nés entre 1961 et 1970 et détermine l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions.

La mise en place s’applique pour les demandes de retraite anticipée à partir du 1er septembre 2026. Les salariés, artisans, commerçants et fonctionnaires verront leurs possibilités de départ anticipé recalibrées selon leur année et mois de naissance. Il reste important de comparer votre situation personnelle aux tableaux officiels pour connaître précisément votre âge de départ.

Qui peut prétendre à la retraite anticipée pour carrière longue ?

Quels critères d’âge et d’activité précoce s’appliquent ?

La RACL cible les personnes ayant commencé à travailler très jeunes et qui totalisent une carrière complète. Selon l’âge de début d’activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans, l’assuré peut ouvrir droit à une liquidation anticipée à des âges différents. Le décret redéfinit ces âges pour les cohortes concernées, avec des paliers modulés en mois lorsque nécessaire.

Quelles conditions de trimestres sont requises ?

L’accès dépend non seulement de l’âge d’entrée sur le marché du travail mais aussi du nombre de trimestres cotisés et assimilés. La durée d’assurance exigée augmente progressivement en fonction de la génération. Les trimestres cotisés retenus pour la RACL correspondent à ceux pris en compte pour la durée d’assurance, auxquels s’ajoutent certains trimestres assimilés.

Les indépendants et fonctionnaires sont-ils concernés ?

Le décret s’applique à l’ensemble des régimes de base, y compris les fonctionnaires et les travailleurs indépendants. Les règles d’âge et de trimestres décrites par l’État s’appliquent donc quel que soit le statut professionnel. Il conviendra toutefois de vérifier les modalités pratiques de liquidation propre à chaque régime.

Comment sont comptés les trimestres cotisés et assimilés ?

Le calcul retient les trimestres réellement cotisés dans tous les régimes de retraite de base, complétés par des périodes assimilées définies par la législation. Les trimestres assimilés n’exigent pas toujours une cotisation mais peuvent compter partiellement pour atteindre la durée requise. La liste précise de ces périodes figure dans le décret et dans les textes réglementaires associés.

Parmi les périodes assimilées courantes, certaines jouent un rôle fréquent pour les carrières longues. Elles permettent souvent de combler quelques trimestres manquants et d’ouvrir plus tôt le droit à la retraite anticipée. Voici les principaux types de périodes assimilées retenues :

  • Périodes de service national dans la limite de 4 trimestres ;
  • Chômage indemnisé et activité partielle indemnisée depuis le 1er mars 2020, dans la limite de 4 trimestres ;
  • Arrêts maladie et accidents du travail dans la limite de 4 trimestres ;
  • Congé maternité ou d’adoption indemnisé ;
  • Périodes d’invalidité indemnisée, jusqu’à 2 trimestres ;
  • Majoration pour compte professionnel de prévention (C2P) liée à la pénibilité ;
  • Périodes AVPF et AVA pour certains retraits, jusqu’à 4 trimestres depuis le 1er septembre 2023 ;
  • Certains rachats et périodes prises en charge par l’État (apprentissage, formation) ;
  • Trimestres acquis à l’étranger sous accords bilatéraux.

Quelles durées d’assurance sont exigées selon la date de naissance ?

La LFSS 2026 a repoussé progressivement l’augmentation de la durée d’assurance, ce qui modifie les seuils pour la RACL. Pour les personnes nées avant 1966, la durée exigée reste inférieure à celle prévue pour les générations suivantes. À partir du 1er janvier 1966, la durée d’assurance requise est portée à 172 trimestres.

Voici un tableau récapitulatif simplifié des durées d’assurance retenues pour bénéficier de la RACL selon les années de naissance. Ces indications servent de guide mais la situation précise dépend du mois de naissance et des règles de calcul des trimestres assimilés.

Période de naissance Durée d’assurance exigée
Du 1er septembre au 31 décembre 1961 169 trimestres
Année 1962 169 trimestres
Partie de 1963 170 trimestres
Année 1964 171 trimestres
Années 1965 jusqu’au 30 novembre 171 trimestres
À partir du 1er janvier 1966 172 trimestres

Comment lire les âges d’ouverture du droit selon les mois de naissance ?

Le décret associe des seuils d’âge précis aux périodes de début d’activité, parfois avec des paliers exprimés en mois. Les assurés nés dans une même année peuvent donc avoir des âges de départ anticipé différents selon leur mois de naissance. Ces découpages visent à tenir compte du gel d’un an appliqué à certaines générations.

Pour illustrer, une personne ayant commencé à travailler avant 16 ans peut prétendre à un départ dès 58 ans pour les cohortes concernées. Les autres paliers se situent à 60 ans, 61 ans et quelques mois selon les cas, ou 63 ans pour les carrières avec début après 21 ans. Il est recommandé de vérifier votre mois exact de naissance dans les tableaux officiels avant d’engager les démarches.

Quand prennent effet les nouvelles dispositions et quelles démarches entreprendre ?

Les règles issues du décret s’appliqueront aux demandes de liquidation présentées à compter du 1er septembre 2026. Les personnes proches de la retraite doivent contrôler leur relevé de carrière et rassembler les justificatifs des périodes assimilées. Les caisses de retraite restent les interlocuteurs naturels pour confirmer le nombre de trimestres validés.

Il convient d’anticiper la demande de retraite en sollicitant un rendez‑vous ou une simulation auprès de votre régime de base plusieurs mois avant la date prévue de départ. La vérification précoce des trimestres et des éventuels droits oubliés permet d’éviter des retards ou des décotes inattendues lors de la liquidation.

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