La fiscalité successorale divise souvent les héritiers entre privilégiés et contribuables, et comprendre qui paie quoi évite des mauvaises surprises. Les notions d’abattement, d’exonération et de barème restent centrales pour évaluer l’impact fiscal d’une succession. Ce guide reprend les règles récentes et les chiffres clés afin de vous aider à y voir clair sur les droits de succession et la récupération de l’ASPA.
Qui bénéficie d’une exonération totale des droits de succession ?
Le conjoint survivant conserve un traitement fiscal particulièrement protecteur. Le ou la conjointe est exonéré(e) de droits de succession sur la part recueillie après le décès.
Le partenaire lié par un PACS peut bénéficier du même avantage mais sous condition. Il faut que le partenaire décédé l’ait expressément choisi comme héritier dans un testament pour que l’exonération s’applique.
Quels sont les abattements selon le lien de parenté ?
Les abattements réduisent la base taxable avant application du barème progressif et varient fortement en fonction du degré de parenté. Voici les principaux montants à connaître afin d’estimer la part qui échappe à l’imposition.
Enfants et ascendants
Les enfants et les parents bénéficient d’un abattement significatif. Cet abattement s’élève à 100 000 euros par héritier, ce qui couvre souvent l’essentiel d’un petit patrimoine transmis.
Frères et sœurs
Les frères et sœurs profitent d’un abattement plus faible. Le montant applicable est de 15 932 euros, avant calcul de l’impôt sur la fraction restante.
Neveux et nièces
Les neveux et nièces disposent d’un abattement intermédiaire. Leur franchise atteint 7 967 euros par personne.
Petits-enfants, héritiers éloignés et sans lien
Les petits-enfants, les arrière-petits-enfants ainsi que les personnes sans lien de parenté ne bénéficient que d’un abattement modeste. Le montant applicable est de 1 594 euros.
Personnes en situation de handicap
Les héritiers en situation de handicap voient leur régime aménagé pour tenir compte de leur situation. Ils peuvent cumuler leur abattement personnel avec un abattement supplémentaire de 159 325 euros.
Comment se calcule l’impôt sur la part taxable ?
L’imposition ne porte que sur la part de l’héritage qui dépasse l’abattement applicable. Par exemple, si un enfant hérite de 90 000 euros, aucun droit n’est dû, tandis qu’un legs de 110 000 euros entraîne une taxation sur 10 000 euros uniquement.
Une fois la base taxable déterminée, le montant dû ressort du barème progressif qui dépend du lien de parenté. Les autorités ont confirmé que ces barèmes n’ont pas été modifiés par la loi de finances pour 2026.
Quels sont les taux appliqués selon le degré de parenté ?
Les taux d’imposition varient fortement selon que l’héritier se situe en ligne directe, en ligne collatérale proche ou sans parenté. Les tranches pour les héritiers directs commencent bas avant d’augmenter sensiblement pour les montants élevés.
- Ligne directe : taux de 5% jusqu’à 8 072 euros puis 10%, 15%, 20%, 30% et 40% pour les paliers intermédiaires, atteignant 45% au-delà de 1 805 677 euros.
- Frères et sœurs : 35% jusqu’à 24 430 euros, puis 45% au-delà.
- Héritiers collatéraux (neveux, nièces, oncles, tantes, cousins jusqu’au 4e degré) : taux unique de 55%.
- Héritiers sans lien de parenté : taux le plus élevé fixé à 60%.
L’ASPA et la récupération sur la succession
La solidarité versée aux personnes âgées peut faire l’objet d’une récupération après le décès de l’allocataire. L’allocation de solidarité aux personnes âgées remplace l’ancien minimum vieillesse et n’est pas automatiquement acquise à titre définitif.
Qu’est-ce que l’ASPA
L’ASPA vise à garantir un minimum de ressources aux personnes âgées les plus modestes. Le versement est soumis à des conditions de ressources et peut être réclamé en partie à la succession.
Seuils et indexation
Le seuil au-delà duquel l’État peut récupérer les sommes versées est indexé sur l’inflation depuis septembre 2023. Pour les décès intervenus depuis le 1er janvier 2026, ce seuil est fixé en métropole à 108 586,14 euros.
Dans les départements d’Outre-mer, le seuil applicable s’établit à 150 000 euros et n’est pas soumis à la même indexation sur les prix.
Ce que doivent savoir les héritiers
Les héritiers peuvent voir réduire la part nette qu’ils reçoivent si la succession dépasse le seuil de récupération. Si vous êtes concerné, il convient d’anticiper cette charge lors de l’inventaire des actifs successoraux.
La procédure de recouvrement implique que l’État réclame uniquement les sommes versées au-delà du seuil prévu. Les détails pratiques et les montants précis figurent dans la documentation officielle relative aux droits de succession 2026.
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Laurent Jonas est un consultant chevronné en fiscalité, spécialisé dans l’optimisation des impôts et la gestion des finances des entreprises. Avec une solide expérience auprès des TPE et PME, il offre sur FAIRE des articles riches en conseils pour naviguer dans le monde complexe des crédits d’impôts et des aides publiques.






