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Incendies: cinq gestes de tri à proscrire pour éviter d’enflammer le bac jaune

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Ces 5 erreurs de tri sont à l'origine de nombreux
incendies, voici les déchets à ne jamais jeter dans le bac
jaune

Le 7 avril 2025, un incendie spectaculaire a forcé l’arrêt total du centre de tri du Syctom dans le 17e arrondissement de Paris et a contraint la réorganisation immédiate de la collecte pour près d’un million d’habitants. Au cœur du problème : des déchets dangereux mal triés qui transforment le bac de recyclage en risque majeur pour les installations et les équipes.

Pourquoi ces feux se multiplient dans les centres de tri

Les sites de traitement rassemblent des éléments qui favorisent une propagation rapide d’un feu : machines en mouvement, compresseurs, poussières fines et volumes importants de papier, carton et plastique. Dans ce contexte, un petit élément défectueux peut suffire à déclencher une catastrophe.

Un choc, une perforation ou une surchauffe provoquée par un objet non repéré et la réaction est souvent instantanée : la flamme gagne les amas de matière sèche et l’incendie se propage en quelques minutes. Ces épisodes entraînent l’arrêt des lignes, l’intervention des pompiers et des opérations de dépollution longues et coûteuses.

Le sinistre du 17e et ses conséquences concrètes

Le feu déclaré vers 19 h 45 a mobilisé 180 pompiers ; aucun blessé n’a été signalé, mais la halle principale a été sévèrement touchée et le centre a dû cesser toute activité. Pour absorber la charge — jusqu’à 45 000 tonnes d’emballages traitées annuellement — le Syctom a redirigé les collectes vers d’autres installations, compliquant la logistique de plusieurs communes.

Au plan national, la Fédération des entreprises du recyclage et les pouvoirs publics constatent la même tendance : on recense environ 400 à 500 incendies par an dans les infrastructures de traitement des déchets, nombre auquel s’ajoutent de nombreux départs de feu gérés localement et non systématiquement comptabilisés. Les coûts de remise en état peuvent atteindre, pour certains sites, plus d’un million d’euros.

La menace numéro un : les batteries lithium-ion

Le Syctom pointe désormais les batteries lithium-ion comme la première cause d’incendie dans ses centres. Lorsqu’elles sont écrasées, percées ou endommagées, ces cellules peuvent connaître un « emballement thermique » : montée en température rapide, flammes et dégagement de gaz inflammables difficiles à maîtriser.

Ces batteries se cachent dans une multitude d’objets du quotidien — téléphones, ordinateurs portables, trottinettes, outils sans fil, cigarettes électroniques, jouets — et elles ne doivent pas être jetées dans les ordures ménagères ni déposées dans le bac jaune. Les filières spécialisées (déchèteries, points de collecte DEEE) sont prévues pour les récupérer en sécurité.

Les cinq déchets qui transforment le bac jaune en danger

  • Batteries lithium-ion — Risque : emballement thermique. Que faire : déposer en déchèterie ou dans les points de collecte dédiés, isoler les pôles avec du ruban si la batterie est abîmée.
  • Aérosols sous pression (déodorants, bombes de peinture) — Risque : explosion sous compactage. Que faire : apporter en déchèterie ou aux collectes spécifiques, ne pas perforer.
  • Piles usagées — Risque : court-circuit et réaction chimique. Que faire : stocker dans un récipient non métallique et les déposer en point de collecte ou en magasin acceptant les piles.
  • Bonbonnes et cartouches (gaz, protoxyde d’azote) — Risque : fragmentation et projection lors du compactage. Que faire : rapporter en déchèterie ; ne pas jeter avec les emballages.
  • Contenants de produits chimiques (solvants, peintures, détergents industriels) — Risque : dégagement de vapeurs inflammables ou réactions entre produits. Que faire : vider et neutraliser si indiqué, puis déposer en filière des Déchets Ménagers Spéciaux.

Ces objets représentent un faible volume dans la masse des déchets mais un poids disproportionné dans les sinistres. Même « vides », certains contenants conservent un risque réel sous l’effet de la pression et des chocs.

Prévenir pour éviter des perturbations qui touchent tous les usagers

Au-delà du geste individuel, les incidents perturbent la collecte et peuvent retarder la gestion des ordures pour des centaines de milliers d’habitants. Les communes, opérateurs et services d’urgence doivent souvent réorganiser les tournées et mobiliser des moyens exceptionnels.

En cas de doute, mieux vaut privilégier la déchèterie ou la filière professionnelle adaptée. Isoler et signaler un objet suspect, éviter de mélanger piles ou batteries dans le même sac, et ne jamais forcer l’élimination d’un produit dangereux dans les bacs de tri, sont des réflexes simples qui réduisent nettement le risque d’incendie.

La vigilance des usagers reste la première ligne de défense pour protéger les centres de tri, les agents qui y travaillent et le service public de collecte lui‑même.

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