La réglementation des contrats de location évolue profondément cet automne et les propriétaires comme les locataires doivent s’y préparer. Un décret publié au Journal officiel le 7 juillet 2026 apporte des adaptations concrètes aux modèles de bail et introduit une disposition destinée à mieux traiter les impayés. À partir du 1er octobre 2026, certaines clauses deviendront obligatoires pour les nouveaux contrats ou ceux renouvelés. Ces changements concernent les baux vides, meublés et les colocations à bail unique, ainsi que les règles pratiques autour du dépôt de garantie et de la résiliation.
Que prévoit le décret du 7 juillet 2026 pour les baux ?
Le texte impose désormais que le contrat type inclue une clause résolutoire qui prévoit la résiliation automatique en cas de défaut de paiement du loyer ou des charges. Cette obligation s’applique aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Vous trouverez ci-dessous les principaux éléments concernés par la réforme.
- Types de baux visés : locations vides, locations meublées, colocations à bail unique.
- Éléments inclus obligatoirement : clause résolutoire pour impayés et non-versement du dépôt de garantie.
- Mise en conformité avec la loi du 27 juillet 2023 sur la protection contre l’occupation illicite.
Le décret traduit en modèle contractuel une volonté législative plus large. Il s’inscrit dans la continuité de la loi adoptée en juillet 2023 et vise à clarifier les procédures pour les bailleurs et les locataires.
Comment fonctionne la clause résolutoire en cas d’impayés ?
Quel délai s’applique avant la résiliation ?
La clause ne peut produire ses effets immédiatement après un impayé. La résiliation automatique ne devient possible qu’à l’issue d’un délai de six semaines suivant un commandement de payer resté sans effet. Ce calendrier laisse une marge de manœuvre au locataire pour régulariser sa situation.
Quelle procédure doit suivre le bailleur ?
Le bailleur doit délivrer un commandement de payer en bonne et due forme avant d’invoquer la clause résolutoire. En l’absence de paiement après ce commandement, la clause devient exécutoire au terme du délai légal. Le respect strict des étapes procédurales conditionne la validité de la résiliation.
Les contrats signés avant la loi sont-ils impactés ?
Les baux en cours au moment de l’adoption de la loi conservent les modalités prévues dans leur contrat initial. Une décision de la Cour de cassation du 13 juin 2024 a confirmé que le nouveau délai de six semaines ne modifie pas rétroactivement les clauses déjà signées. Les situations varient donc selon la date de signature du contrat.
Quels autres motifs peuvent provoquer une résiliation de plein droit ?
Que se passe-t-il en cas d’absence d’assurance risques locatifs ?
La non-souscription d’une assurance couvrant les risques locatifs figure parmi les causes permettant une résiliation. Dans ce cas, la clause n’opère qu’après un mois écoulé depuis un commandement resté infructueux. Le délai plus court reflète la gravité de l’absence de garantie pour le bailleur.
Les troubles de voisinage constituent-ils un motif valable ?
Les nuisances répétées peuvent aussi entraîner la résiliation de plein droit si une décision judiciaire définitive constate les troubles. La présence d’un jugement rendu en force de chose jugée permet alors d’activer la clause. La preuve judiciaire permet de sécuriser la démarche du bailleur.
Que dit la règle d’occupation à titre de résidence principale ?
Le décret introduit une nouvelle possibilité de résiliation lorsque le logement est soumis à une servitude d’urbanisme et que le locataire n’y réside pas à titre principal. Cette servitude a été instituée par la loi du 19 novembre 2024 visant à mieux réguler les meublés de tourisme. La mise en œuvre de la clause dépend du délai de mise en demeure fixé par le maire, qui doit avoir expiré pour que la résiliation prenne effet.
Pourquoi indiquer un numéro de portable dans le bail ?
Le décret autorise désormais la mention facultative du numéro de téléphone portable du bailleur et du locataire dans la désignation des parties. Cette option vise à faciliter les communications rapides, notamment en cas d’impayé ou de risque d’expulsion. L’objectif affiché consiste à réduire les délais d’échange et à améliorer la réactivité entre les protagonistes. La mention reste facultative et doit respecter la vie privée des personnes concernées.
Quelles dispositions prennent effet en 2027 ?
L’article 2 du décret, qui traite notamment du traitement des impayés pour les bénéficiaires des aides personnelles au logement, entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Il corrige des erreurs matérielles relevées dans le décret du 12 février 2026 et ajuste certaines modalités pratiques.
Les adaptations portent aussi sur l’application du dispositif dans les collectivités d’outre-mer telles que Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Ces précisions garantissent une harmonisation territoriale du maintien des aides et clarifient les règles pour les allocataires concernés.
Articles similaires
- Quels délais doit respecter le bailleur pour une expulsion locative ?
- Expulsion de logement social : combien de loyers impayés avant le pire scénario ?
- Comment rédiger un bail de location étudiant efficace ?
- Guide du bail de location longue durée : modèle, obligations et conseils
- Quels types de bail locatif existent et comment choisir ?

Benjamin Lambert est spécialisé dans l’analyse des marchés financiers et la gestion d’actifs. Avec plus de 12 ans d’expérience, il apporte des analyses claires sur les tendances boursières, les investissements durables et les stratégies fiscales. Sur FAIRE, Pierre décrypte l’actualité économique pour mieux vous guider dans vos choix financiers.

