Le dispositif Jeanbrun, entré récemment en vigueur, suscite déjà des pistes de révision visant à faciliter l’investissement locatif dans l’ancien. Le gouvernement prépare un projet de loi qui devrait alléger plusieurs conditions d’accès et rendre le régime plus attractif pour les bailleurs privés. Les débats portent essentiellement sur le volume des travaux requis, la règle du DPE et la possible réintégration des maisons individuelles au dispositif. Vous trouverez ici une synthèse pratique des principaux changements envisagés et de leurs implications.
Quels changements pour le seuil des travaux et la condition DPE ?
Les discussions portent en priorité sur le seuil minimal de travaux exigé pour bénéficier de l’avantage fiscal. La version initiale demandait une enveloppe équivalente à 30% du prix d’acquisition, un niveau perçu comme dissuasif pour bien des projets de rénovation. Ce seuil pourrait désormais descendre à 20%, afin de mieux concilier coût et faisabilité.
Quel nouveau seuil pour les travaux ?
Le passage de 30% à 20% réduirait l’effort financier requis pour accéder au statut de bailleur privé. Pour un bien acquis à 200 000 euros, l’obligation de travaux tomberait de 60 000 à 40 000 euros. Cette mesure vise à augmenter le nombre d’opérations éligibles sans imposer systématiquement des rénovations lourdes.
Comment évolue la condition relative au DPE ?
La condition initiale exigeait une étiquette A ou B après travaux, objectif difficile à atteindre dans l’ancien. Le texte en préparation privilégie désormais un critère de progrès, soit un gain de deux classes au DPE. Cette approche se veut plus pragmatique, surtout pour les logements en copropriété ou les bâtis anciens.
Quel impact pour un exemple concret ?
Avec la nouvelle règle, des logements aujourd’hui inaccessibles pourraient devenir éligibles après des travaux ciblés. Les propriétaires pourront viser une amélioration significative du DPE sans viser obligatoirement le très haut rendement énergétique. Le dispositif devrait ainsi mieux correspondre à la réalité technique et financière du parc ancien.
Pourquoi les maisons anciennes pourraient redevenir éligibles ?
La première version du dispositif Jeanbrun ciblait essentiellement l’habitat collectif, excluant les maisons individuelles. Les autorités expliquent que cette approche créait une incohérence avec l’objectif affiché d’absence de zonage. Le projet de loi propose donc de réintégrer les maisons anciennes afin d’élargir l’offre locative, notamment en milieu rural et périurbain.
Les maisons représentent une part importante du parc immobilier français et jouent un rôle clé sur certains marchés locatifs. En rendant ces bâtiments éligibles, l’exécutif espère stimuler des rénovations qui améliorent la performance énergétique tout en augmentant l’offre de logements mis en location. Cette évolution pourrait aussi faciliter l’accès au dispositif pour de petits investisseurs locaux.
Les passoires thermiques peuvent-elles revenir sur le marché ?
Le gouvernement envisage des assouplissements pour certains logements aujourd’hui interdits à la location. L’idée consiste à autoriser une remise en location sous conditions strictes de travaux sur un délai donné.
Quelles sont les conditions de remise en location ?
Le projet prévoit que les logements classés « passoires thermiques » puissent être reloués si le propriétaire s’engage à réaliser les travaux dans un délai de trois à cinq ans. Cet engagement devrait être contraignant et assorti de garanties pour éviter les reports indéfinis. Les loyers perçus pourraient aussi contribuer au financement des rénovations.
Combien de logements seraient concernés ?
L’exécutif avance une estimation d’environ 700 000 biens susceptibles d’être remis en location sous ce régime. Cette réserve représente une part significative du parc locatif interdit aujourd’hui à la commercialisation. La mesure vise à rendre opérationnel un vivier de logements tout en favorisant leur rénovation progressive.
Quel poids pour les obligations techniques et financières ?
Les engagements porteront sur des travaux de performance énergétique et sur un calendrier de réalisation. Les propriétaires devront justifier d’un plan de financement crédible et respecter les plafonds de loyers prévus par le dispositif. Les contrôles et sanctions en cas de non-respect devraient être précisés lors de l’examen parlementaire.
Quel impact pour les bailleurs privés et l’investissement locatif ?
La révision annoncée vise à relancer un investissement locatif en recul depuis plusieurs mois. Le mécanisme d’amortissement fiscal reste au cœur du dispositif et conserve l’exigence d’un engagement locatif sur neuf ans assorti de plafonds de loyers et de ressources. Les ajustements envisagés devraient réduire les freins financiers et techniques pour de nombreux investisseurs.
- Plus d’opérations seraient éligibles grâce à la baisse du seuil de travaux.
- La mesure sur le DPE faciliterait les rénovations réalisables en copropriété.
- L’ouverture aux maisons anciennes augmenterait l’offre en zones moins denses.
- La possibilité de relouer des passoires thermiques temporairement soutiendrait la rénovation progressive.
Quel calendrier et quelles étapes avant adoption ?
Le projet de loi doit être déposé rapidement puis discuté au Parlement dans les semaines qui viennent. Les propositions s’inspirent notamment d’initiatives parlementaires et d’échanges avec les professionnels du logement. Des amendements restent probables lors des débats, notamment sur les critères précis et les contrôles associés.
Si le texte est adopté, l’évolution introduira une approche plus pragmatique du dispositif Jeanbrun et une adaptation aux réalités de l’ancien. Les acteurs du marché devront alors ajuster leurs stratégies de rénovation et leurs modèles d’investissement pour tirer parti des nouvelles conditions. Les associations de bailleurs, les copropriétés et les collectivités locales suivront de près l’avancement du dossier.
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Camille Bernard est dans l’immobilier avec une forte expérience dans la gestion de patrimoine et l’investissement locatif. Sur FAIRE, elle partage ses connaissances sur les tendances immobilières, les copropriétés et les projets de rénovation, tout en fournissant des conseils pratiques pour optimiser vos investissements.




